Aller au contenu principal

Arnaque au deepfake vidéo

Danger: 5/5

Vol d'identitéAIRare

Plateformes

WhatsAppZoomFaceTime

Cible

Universel

Perte moyenne

10 000 – 500 000 €+

Fréquence

Rare

L'escroc utilise l'IA pour générer un visage en temps réel lors d'appels vidéo, rendant la vérification par visio inefficace. Une menace en forte croissance.

Comment ça fonctionne

  1. La technologie deepfake en temps réel :Les escrocs utilisent des logiciels de deepfake capables de modifier un visage en temps réel lors d'un appel vidéo. La technologie superpose le visage de la personne dont l'identité est usurpée sur le visage réel de l'escroc. Les mouvements des lèvres, les expressions faciales et les mouvements de tête sont reproduits en temps réel. La qualité de ces deepfakes s'améliore constamment.
  2. Dépasser la barrière de la vérification vidéo :Le principal conseil de sécurité contre les arnaques sentimentales a toujours été : « insistez pour un appel vidéo ». Les deepfakes en temps réel rendent ce conseil insuffisant. L'escroc peut désormais « prouver » son identité par vidéo, ce qui renforce considérablement la confiance de la victime.
  3. Les conditions contrôlées :Les appels vidéo deepfake sont toujours réalisés dans des conditions que l'escroc contrôle : faible luminosité, courte durée, angle fixe, qualité vidéo réduite (« ma connexion est mauvaise »). Ces conditions masquent les imperfections du deepfake. L'escroc évite les mouvements brusques de la tête et les gros plans.
  4. Le renforcement de la confiance :Après un appel vidéo deepfake « réussi », la victime est convaincue de l'authenticité de la relation. Elle baisse sa garde complètement. Cette confiance renforcée rend les demandes d'argent ultérieures beaucoup plus efficaces.
  5. L'exploitation :Fort de la confiance absolue de la victime, l'escroc procède à l'exploitation financière. Les montants soutirés sont généralement plus élevés que dans les arnaques sans vidéo, car la victime est absolument certaine de l'identité de son interlocuteur.

Les signes pour le détecter

  • L'appel vidéo est toujours de courte durée et de qualité médiocre.
  • La personne évite de tourner la tête, de se lever ou de montrer son environnement.
  • Des artefacts visuels apparaissent : tremblements autour du visage, déformation momentanée des traits, décalage entre les mouvements des lèvres et la voix.
  • La personne refuse de faire un geste spécifique que vous lui demandez spontanément (passer la main devant son visage, montrer son profil).

Exemple type

Patricia, 55 ans, échange depuis un mois avec « Richard », un homme d'affaires américain rencontré sur Facebook. Patricia est prudente : elle a lu des articles sur les arnaques sentimentales et sait qu'il faut insister pour un appel vidéo. Elle le demande à Richard, qui accepte.

L'appel a lieu sur WhatsApp. Patricia voit un homme correspondant aux photos du profil : même visage, même sourire. L'image est un peu saccadée et la qualité médiocre, mais Richard explique qu'il est dans un hôtel avec une mauvaise connexion Wi-Fi. L'appel dure trois minutes. Patricia est rassurée : c'est bien lui.

Ce que Patricia ne sait pas, c'est que « Richard » utilise un logiciel de deepfake en temps réel qui plaque le visage des photos volées sur son propre visage. La courte durée de l'appel et la qualité réduite masquent les imperfections.

Forte de cette « preuve », Patricia fait complètement confiance à Richard. Quand il demande 8 000 euros pour un problème de trésorerie lié à une transaction bloquée à l'étranger, elle n'hésite pas. Puis 12 000 euros pour des frais juridiques. Puis 6 000 euros pour un billet d'avion et un visa. Patricia a versé 26 000 euros avant de réaliser, grâce à une amie qui connaît la technologie deepfake, qu'un appel vidéo de trois minutes en basse qualité ne prouve rien.

Que faire si vous êtes victime

  1. Cessez tout contact et tout paiementimmédiatement.
  2. Conservez les enregistrementsdes appels vidéo si possible, ainsi que toutes les captures d'écran et preuves de paiement.
  3. Déposez plainteauprès de la police ou de la gendarmerie. Mentionnez l'utilisation probable de deepfakes pour orienter l'enquête.
  4. Contactez votre banque pour tenter de bloquer les virements récents.
  5. Appelez France Victimes au 116 006 (appel gratuit) pour un accompagnement.
  6. Contactez Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit).

Besoin d'aide professionnelle ?

Nos experts analysent les profils suspects et vous accompagnent dans votre situation.

Diagnostic écrit 89 €
Consultation stratégique 249 €
Besoin d'aide professionnelle ?

À lire aussi