Thomas
35-44 · Belgique
Je m'appelle Thomas, j'ai 42 ans, je vis en Belgique, et j'ai perdu 85 000 euros en quatre mois dans une arnaque de type « pig butchering » — un terme que je ne connaissais pas avant d'en être victime. Tout a commencé par un simple SMS envoyé « par erreur ».
Le faux numéro
Un mardi après-midi, j'ai reçu un message WhatsApp d'un numéro inconnu : « Bonjour David, on se voit toujours jeudi pour le dîner ? » J'ai répondu poliment que ce n'était pas le bon numéro. La personne s'est excusée, puis a engagé la conversation : « Puisque le destin nous a mis en contact, pourquoi ne pas discuter ? » Sa photo de profil montrait une jeune femme asiatique souriante, élégante. Elle s'appelait « Mei Lin » et se présentait comme une analyste financière singapourienne vivant à Bruxelles.
Nos échanges étaient amicaux, puis sont devenus plus personnels. Mei Lin me racontait sa vie, ses voyages, son amour de la cuisine belge. Elle m'envoyait des photos de ses promenades dans Bruxelles — des photos qui semblaient authentiques. Au bout de deux semaines, il y avait une ambiguïté romantique évidente. Elle me plaisait, et elle semblait s'intéresser à moi.
La plateforme de trading
Un soir, Mei Lin m'a montré une capture d'écran de ses gains en cryptomonnaie. « Je fais du trading le soir, c'est comme ça que j'ai financé mon appartement. » Elle ne m'a rien proposé — pas directement. Elle partageait juste ses « succès ». Au bout de quelques jours, j'ai demandé comment elle faisait. Elle m'a orienté vers une plateforme de trading en ligne, « CryptoTrustGlobal », avec un site web professionnel, une application mobile, et même un service client par chat.
J'ai commencé avec 1 000 euros, suivant ses conseils. En une semaine, mon compte affichait 1 800 euros. J'ai retiré 500 euros sans problème — l'argent est arrivé sur mon compte bancaire en 48 heures. C'était la preuve que la plateforme était fiable. Je sais maintenant que ce retrait réussi faisait partie de la stratégie : laisser la victime gagner et retirer au début pour installer la confiance.
L'escalade
Encouragé par mes premiers « gains », j'ai investi 5 000 euros, puis 10 000, puis 20 000. Mon compte affichait des profits spectaculaires. Mei Lin me guidait sur les « bons moments » pour acheter et vendre. Ses conseils semblaient toujours fonctionner. Je me sentais intelligent, chanceux, et reconnaissant envers elle.
En deux mois, j'avais investi 70 000 euros. Mon compte affichait 180 000 euros de gains. Je rêvais déjà de ce que j'allais faire avec cet argent : rembourser mon crédit immobilier, partir en voyage avec Mei Lin. J'ai même emprunté 15 000 euros à un ami pour « maximiser une opportunité limitée dans le temps » que Mei Lin m'avait signalée.
Le piège se referme
Quand j'ai voulu retirer 50 000 euros, mon compte a été bloqué. Un message de la plateforme m'informait qu'une « taxe de déblocage international » de 15 000 euros devait être payée avant tout retrait. Mei Lin m'a rassuré : « C'est normal, c'est la réglementation, je l'ai payée aussi la première fois. »
Pour la première fois, j'ai douté. J'ai cherché « CryptoTrustGlobal » sur internet. Aucune trace dans les registres des autorités financières belges ou européennes. Des forums mentionnaient la plateforme comme une arnaque connue. J'ai compris en quelques minutes de recherche ce que quatre mois d'aveuglement m'avaient caché.
J'ai confronté Mei Lin. Elle a d'abord nié, puis tenté de me convaincre que les forums étaient des « concurrents jaloux ». Quand j'ai insisté, elle a disparu. Son numéro WhatsApp, ses photos, son profil — tout a été supprimé en quelques heures. La plateforme CryptoTrustGlobal a fermé deux semaines plus tard.
J'ai perdu 85 000 euros — mes économies plus l'argent emprunté. La police belge a enregistré ma plainte mais m'a prévenu que ces réseaux opèrent depuis l'Asie du Sud-Est et sont extrêmement difficiles à démanteler. Je rembourse encore l'argent emprunté à mon ami. Notre amitié n'a pas survécu.
Ce que cette histoire nous apprend
- Le « pig butchering » combine arnaque sentimentale et fraude financière. La relation romantique sert uniquement à créer la confiance nécessaire pour pousser la victime à investir. Le vrai objectif est toujours l'argent, jamais la relation.
- Les fausses plateformes de trading sont indétectables pour un non-initié. Sites professionnels, applications mobiles, service client : tout est conçu pour imiter une plateforme légitime. Seule une vérification auprès des autorités financières (FSMA en Belgique, AMF en France) permet de savoir si une plateforme est régulée.
- Le premier retrait réussi est un piège délibéré. Permettre à la victime de retirer une petite somme au début est un investissement pour l'escroc : il dépense quelques centaines d'euros pour en récupérer des dizaines de milliers.
- Le SMS « par erreur » est un mode opératoire documenté. Ce premier contact apparemment innocent est en réalité un message envoyé en masse à des milliers de numéros. Ceux qui répondent poliment deviennent des cibles.
Ce que cette histoire nous apprend
- N'envoyez jamais d'argent à une personne que vous n'avez pas rencontrée en personne.
- Vérifiez les identités par appel vidéo et recherche d'image inversée.
- Parlez à une personne de confiance avant toute décision financière en ligne.
Ressources liées
Ce témoignage a été partagé volontairement et anonymisé. arnaques-rencontres.fr ne peut vérifier l'exactitude des faits rapportés. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, consultez nos ressources d'aide.
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