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Sextortion : le chantage aux photos intimes

Danger: 5/5

ÉmotionnelleAITrès courante

Plateformes

TinderSnapchatInstagramWhatsApp

Cible

Hommes 18-55

Perte moyenne

500 – 10 000 €

Fréquence

Très courante

L'escroc obtient des photos ou vidéos intimes puis menace de les diffuser. Le paiement ne met jamais fin aux demandes.

Comment ça fonctionne

  1. La séduction rapide :Contrairement aux autres arnaques sentimentales, la sextorsion se caractérise par une séduction accélérée. L'escroc — souvent un faux profil féminin très séduisant — engage rapidement une conversation à caractère sexuel. En quelques jours, parfois quelques heures, la conversation devient intime.
  2. L'échange de photos :L'escroc envoie des photos intimes (volées ou achetées en ligne) et demande à la victime de faire de même. L'escroc peut aussi proposer un appel vidéo intime pendant lequel il enregistre la victime à son insu. La victime, prise dans l'excitation du moment, envoie des photos ou se montre en vidéo sans mesurer les conséquences.
  3. Le chantage immédiat :Dès que l'escroc dispose de contenu compromettant, le ton change radicalement. Finies les déclarations d'amour. L'escroc menace de diffuser les photos ou la vidéo à la famille, aux amis, aux collègues et à l'employeur de la victime. Il a souvent déjà identifié la liste d'amis Facebook ou LinkedIn de la victime.
  4. La demande de rançon :L'escroc exige un paiement rapide (500 à 5 000 euros, parfois plus) par virement, cryptomonnaie ou carte prépayée. Il fixe un délai court (24 à 48 heures) pour empêcher la victime de réfléchir ou de demander conseil.
  5. Le cycle sans fin :Si la victime paie, l'escroc revient avec de nouvelles demandes. Payer ne garantit jamais la suppression des contenus. Au contraire, le paiement confirme que la victime est vulnérable et prête à payer, ce qui encourage de nouvelles extorsions.

Les signes pour le détecter

  • La conversation devient sexuelle anormalement vite — en quelques heures ou quelques jours.
  • La personne insiste pour un échange de photos intimes ou un appel vidéo déshabillé.
  • Le profil est récemment créé, avec peu de publications et peu d'amis.

Exemple type

Antoine, 32 ans, reçoit une demande d'ami sur Instagram de « Clara », une jeune femme au profil séduisant. Ils échangent quelques messages. Clara est directe, drôle, et la conversation prend rapidement un tour intime. Le soir même, Clara propose un appel vidéo sur WhatsApp. Antoine accepte.

Pendant l'appel, Clara se déshabille et demande à Antoine de faire de même. Antoine, pris dans le moment, s'exécute. L'appel dure quelques minutes. Ce qu'Antoine ne sait pas, c'est que Clara (qui est en réalité un homme opérant depuis l'étranger) enregistre tout.

Dix minutes après la fin de l'appel, Antoine reçoit un message : « J'ai enregistré notre vidéo. Voici la liste de tes contacts Facebook et LinkedIn. Si tu ne paies pas 2 000 euros dans les 24 heures, j'envoie la vidéo à tout le monde, y compris à ton employeur. » Une capture d'écran montre le profil LinkedIn d'Antoine avec la vidéo en aperçu.

Paniqué, Antoine envoie 800 euros par virement. Le lendemain, nouvelle demande : 1 500 euros. Puis 3 000 euros. Antoine comprend que cela ne s'arrêtera jamais. Il contacte la police et dépose plainte. La vidéo n'a finalement jamais été diffusée.

Que faire si vous êtes victime

  1. Ne payez pas.C'est la règle numéro un. Le paiement ne fera qu'entraîner de nouvelles demandes.
  2. Ne supprimez pas les conversations. Elles constituent des preuves essentielles pour la police.
  3. Bloquez l'escrocsur toutes les plateformes, mais seulement après avoir fait des captures d'écran.
  4. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. La sextorsion est un délit puni par la loi (extorsion, chantage, atteinte à la vie privée).
  5. Signalez le contenusur les plateformes concernées. Facebook, Instagram et YouTube ont des procédures de suppression d'urgence pour les contenus intimes non consentis.
  6. Appelez France Victimes au 116 006 (appel gratuit) pour un soutien psychologique urgent.
  7. Contactez Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit).
  8. Pour les mineurs : appelez le 3018 (numéro national contre le cyberharcèlement) ou rendez-vous sur e-enfance.org.

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